Derrière chaque domaine nature, se cache souvent un maillage patient de relations que le grand public ne soupçonne guère. Les collaborations prennent de multiples formes :
Les groupes de vigneron·ne·s
- Association des Vins Naturels : Fondée en 2004, elle réunit aujourd’hui plus de 100 vignerons, crée une charte commune, anime ateliers et dégustations, et anime un système d’entraide pour la gestion des problèmes de cave ou d’aléas de la vigne.
- La Renaissance des Appellations : Initiative de Nicolas Joly dans la Loire en 2001, aujourd’hui forte de près de 230 domaines dans 13 pays, elle exemplifie une coopération internationale où l’on s’invite à tailler, vendanger, s’interroger sur le changement climatique ensemble.
- Des groupes locaux (GIE, CUMA, syndicats bio) : Beaucoup se partagent tracteurs, outils de vinification, pressoirs, voire main-d’œuvre pour certains travaux exigeants. Exemple marquant : la CUMA des Curieux à Saint-Émilion, pionnière dans le prêt et la mutualisation d’outils à sulfater – à la bouillie bordelaise biologique naturellement.
Les foires, salons et festivals : la convivialité comme moteur
Dans l’univers naturel, les salons sont des espaces où l'on vend, mais surtout où l’on échange en profondeur. Nombreuses sont les foires et rencontres devenues légendaires pour leur esprit collaboratif, telles La Dive Bouteille, Vini Birre Ribelli, Bordeaux Vin Vin (collectif éphémère indépendant créé en réaction à Vinexpo)…
- Rendez-vous d’entraide : Stands partagés, vignerons qui se remplacent mutuellement sur les stands, discussions nocturnes sur la gestion du soufre ou la réduction…
- Naissance de projets communs : Des cuvées collaboratives voient le jour, à l’image de “La Quête” entre vignerons nature d’Occitanie, issus de raisins co-vinifiés pour mettre en valeur la pluralité des terroirs sous un même élan.
La transmission, pilier des alliances naturelles
Il n’est pas rare de voir un jeune installé dans le Bordelais demander conseil à un voisin de Dordogne ou du Médoc, ou de recevoir des stagiaires venus d’Italie ou d’Autriche. À Bordeaux, depuis 2017, le collectif “Vignobles Vivants” propose des formations croisées, où chaque intervenant peut venir raconter ses réussites comme ses loupés.
- Mise en place de mentorat : Beaucoup de néo-vignerons sont formés “sur le tas” par d’anciens conventionnels passés au bio, ou par des voisins installés. L’apprentissage informel, sur le terrain, est la norme, porté par une solidarité discrète mais ancrée.
- Accueil de stagiaires du CFPPA : Ces lycées agricoles de Nouvelle-Aquitaine envoient chaque année une vingtaine d’élèves chez 5 à 7 vignerons naturels de la région grâce à une convention unique en France, selon Le Monde du Vin (2022).